Open Floor Therapy in Motion / Thérapie en mouvement

 

« Une thérapie en dansant ? Est-ce bien sérieux ? »… On reconnaît volontiers que danser fait du bien : toutes les études le confirment, les bénéfices du mouvement sur la santé physique et psychique sont nombreux. Mais de là à en faire une véritable « thérapie », il y a un pas… Pour Andrea Juhan, co-fondatrice d’Open Floor, qui porte depuis trente ans la double casquette d’enseignante et de psychothérapeute, cela ne fait aucun doute : la thérapie en mouvement constitue « la façon la plus vivante, joyeuse, sensuelle et sensible de faire un travail sur soi ».

 

Une thérapie orientée « ressources »

Therapy in Motion (TiM pour les intimes) refuse de réduire une personne à son passé, ses symptômes, ses limitations physiques ou psychiques, ou encore à ses problèmes de comportement. Ce n’est ni en s’y accrochant, ni en cherchant à les nier ou à les éliminer qu’on vient à bout de nos problèmes. Pour TiM, ceux-ci peuvent être des leviers de sagesse et de transformation, pour peu qu’on accepte d’en prendre la pleine responsabilité, et de cesser d’en blâmer son patron, son conjoint ou la société.

Aucune guérison véritable n’est possible si elle ne vient pas de soi-même. Dans ce cadre, il sert à quoi le thérapeute ? Son rôle est de nous aider à retrouver accès à nos propres ressources : c’est cela la vraie autonomie. Par ressources, on entend, par exemple, la capacité d’être conscient de ses besoins et de se mettre en mouvement, d’aller vers ce qui est bon pour soi, de se rendre visible dans le groupe, y trouver sa place sans se perdre, réguler ses émotions, mais aussi la créativité, le sens de l’humour et le sens du jeu. Cette dernière qualité est capitale : pour éviter que notre histoire ne se joue de nous, nous devons savoir jouer avec, la regarder sous un angle moins dramatique, en rire même !

Redonner la primauté au corporel

Comment se déroule une thérapie en mouvement par rapport à une thérapie verbale ? Il s’agit de traduire dans le langage corporel et dans le mouvement les blocages existentiels, psychologiques ou émotionnels et affectifs qui entravent notre mouvement naturel de vie pour les faire évoluer et disparaître. Une grande partie de nos problèmes psychologiques vient en effet de ce que nous sommes coupés de notre corps. Dans ces situations, chercher la solution « dans la tête » n’avance souvent à rien. Il importe avant tout de reprendre corps, retrouver notre vrai centre, pour avoir une chance que s’ouvre devant nous une vraie perspective de changement et de guérison.

Est-ce si simple ? En se mettant en mouvement, on rencontre immanquablement des résistances, des zones d’ombre. C’est pourquoi on insiste tant sur le cadre. Pour aider la personne à les accueillir et à les traverser, le thérapeute doit entourer la personne d’un cadre suffisamment sécurisé et en même temps confrontant, le plus bienveillant possible. La condition même du changement n’est pas la volonté ou la force de caractère, ni même la résilience, mais l’acceptation bienveillante de soi et la capacité à entrer en amitié avec soi-même.

 

Une approche qui puise dans différentes sources

C’est une des grandes originalités d’Open Floor d’avoir ouvert dans sa formation d’enseignants une « voie thérapeutique » spécifique – « Therapy in motion », destinée aux psychothérapeutes. Le but de cette formation créée et dirigée par Andrea Juhan n’est pas de former des « danse-thérapeutes », mais de donner à des thérapeutes expérimentés d’horizons divers des fondements théoriques, des outils et une méthodologie pour les aider à intégrer le mouvement dans leur accompagnement. La toute première promotion, ouverte en 2014, a ainsi réuni des thérapeutes d’origine très diverses… La méthode constitue leur langage commun, que chacun peut intégrer dans son propre cadre.

 

A qui cela s’adresse-t-il ?

On peut s’engager dans un travail de thérapie en mouvement sans avoir jamais eu aucune expérience ni de la danse ni de la thérapie. On peut également participer à des sessions de thérapie en mouvement en parallèle à une thérapie verbale. TiM peut aussi convenir à des danseurs expérimentés qui ressentiraient le besoin d’être accompagnés ponctuellement. Mais il s’adresse aussi à des pratiquants novices, qui chercheraient un moyen de dépasser des blocages psychologiques et émotionnels plus difficiles à dépasser dans le cadre d’un cours de danse habituel, qui demande une certaine aisance relationnelle et une relative autonomie. La taille réduite des groupes et la relation privilégiée avec le thérapeute-enseignant permettent à des personnes que le groupe intimide de trouver un cadre plus sécurisant.

En pratique 

Un cadre à géométrie variable

Open Floor Therapy in Motion propose différents formats d’intervention thérapeutique : sessions individuelles ou en petits groupes, journées et week-ends résidentiels thématiques (Intelligence émotionnelle, sexualité, Internal Family System, Gestalt-thérapie, etc.).

Comme tout travail sur soi, un engagement sur la durée est nécessaire, si l’on souhaite en récolter tous les fruits. Généralement, les personnes qui entreprennent une thérapie en mouvement alternent séances individuelles et sessions de groupe. Le travail en groupe agit comme un catalyseur et un amplificateur du travail individuel. Les séances en face à face avec le thérapeute-enseignant aident la personne à mettre du sens et à intégrer les émergences et les changements survenus lors du travail en groupe.

 

Les stages « Encounter »

C’est le format de travail le plus ancien de Therapy in Motion. Créé par Andrea Juhan, il repose sur une organisation particulière de l’espace et la participation active de l’ensemble du groupe au travail de chacun. Le processus, ritualisé, consiste à travailler l’un après l’autre devant le groupe et à traduire en mouvements simples et répétitifs tout ce qui émerge dans l’ici et maintenant. Grâce au support du groupe, qui reprend son mouvement en miroir, la personne peut prendre conscience de ses habitudes s’en désidentifier et les transformer.